L’attaque générale communiste avait été prévue de manière synchronisée le 31 janvier mais le secret autour de l’offensive voulu par Giap lui joua en fait des tours en termes de coordination. Le 30 janvier l’attaque démarra dans certaines régions, le commandement VC local avait démarré 24h trop tôt apparemment se basant sur le calendrier lunaire d’application au sud et non sur base de celui de la république populaire communiste du Vietnam.
Que ce soit par accident ou volontairement, la première vague d’attaques commença peu après minuit le 30 janvier quand les cinq capitales provinciales dans la CTZ II et Da Nang dans la CTZ I, furent attaquées. Nha Trang, un des quartiers généraux des forces américaines, fut la première touchée, suivie peu après de Buôn Ma Thuột, Kontum, Hôi An, Tuy Hoa, Qui Nhon, et Pleiku.
Ces attaques VC commençaient par des tirs de mortiers et de roquettes suivis par des assauts d’une force équivalente à un bataillon sur les objectifs prioritaires renseignés par les cadres locaux du VC. Les opérations cependant ne furent pas bien coordonnées au niveau local et, au lever du jour, presque toutes les forces communistes avaient été repoussées de leur objectif.
En résultat à cette attaque prématurée la trêve fut officiellement annulée et les troupes de l’ARVN rappelées au sein de leurs unités pour prendre leur positions de défense, de même les forces US se mirent en alerte et se déplacèrent vers leurs positions de blocages dans les zones clés. Giap avait perdu l’élément de surprise.
Malgré tout, à partir d’1h30 du matin le 31 janvier, les forces du VC et de l’ANV se lancèrent à l’assaut : en premier lieu le palais présidentiel de Saigon fut attaqué, puis à 3h40 la ville de Hué, avant la fin de la journée 5 des 6 villes autonomes, 36 des 44 capitales provinciales et 64 des 245 capitales de district étaient sous le feu ennemi :
Saigon, Cholon, et Gia Dinh dans la CSZ
Quang Tri, Hue, Quang Tin, Tam Ky et Quảng Ngãi ainsi que des bases US à Phu Bai et Chu Lai dans la CTZ I,
Phan Thiết, Tuy Hoa et des installations U.S. à Bong Son et An Khe dans la CTZ II,
Cần Thơ et Vĩnh Long dans la CTZ IV,
Le jour suivant; Bien Hoa, Long Thanh, Bình Dương dans la CTZ III et Kien Hoa, Dinh Tuong, Go Cong, Kiên Giang, Vinh Binh, Ben Tre, et Kien Tuong dans la CTZ IV
La dernière attaque de l’opération initiale fut lancée contre Bac Lieu dans la CTZ IV le 10 février.
Environ 84 000 soldats communistes participèrent aux attaques tandis que des milliers d’autres restent en réserve.
Dans la majorité des cas la défense contre l’offensive générale fut prise en charge par les autorités sud-vietnamiennes. Des milices locales ou des forces de l’ARVN, soutenues par la police nationale, rejetèrent généralement les assaillants en deux ou trois jours, parfois même en quelques heures ; mais des combats plus lourds se poursuivent plusieurs jours à Kontum, Ban Me Thuot, Phan Thiet, Can Tho, et Ben Tre. L’issue fut généralement déterminée par la compétence du commandement local, soit impressionnant, soit lâche et incompétent. Cependant face à cette situation de crise sans précédent, et contrairement à l’attente des communistes, aucune unité de l’ARVN ne fit défection pour le Nord.
A l’exception de Khe Sanh, de l’ancienne capitale de Hué et de la zone Saigon les combats furent stoppés en quelques jours souvent sous la pression des tirs d’artillerie et des bombardements américains provoquant la destruction étendue des zones urbaines. Hué fut reprise le 25 février et les environs de Saigon furent finalement nettoyés le 7 mars. A la fin mars les troupes ANV massées autour de Khe Sanh finirent par lâcher prise devant la puissance de feu américaine.
Les estimations américaines faisaient état durant la première phase du Têt (30 janvier - 8 avril) d’approximativement 45 000 soldats VC/ANV KIA, et un nombre inconnu de WIA. Pendant des années, cette estimation fut considérée comme excessive, mais elle fut confirmée par Stanley Karnow à Hanoï en 1981. Durant la même période les Sud Vietnamiens subirent 2 788 KIA, 8 299 WIA et 587 MIA. Les États-Unis et les autres alliées subirent 1536 KIA, 7764 WIA, et 11 MIA, plus de 14000 civils sud-vietnamiens avaient également perdus la vie.
L’offensive militaire générale coordonnée par les communistes sur les principales villes sud-Vietnamiennes avait été notamment particulièrement concentrée sur les villes de Saigon et Hué, en complément des engagements déjà en cours à Khe Sanh et qui avaient nécessité la conservation d’un contingent important jugé nécessaire notamment pour protéger les lignes d’approvisionnement communiste vers le Sud.