Les rapports d’attaque des renseignements américains furent lentement relayés sur le terrain si bien que les VC avaient déjà inflitré la ville lorsque ceux-ci arrivèrent jusqu’à Hué.
A 03h40 du matin le 31 janvier 68, les communistes avaient déclenché des tirs de barrages à la roquette et au mortier en direction de la ville en provenance des montagnes à l’ouest afin de lancer l’attaque terrestre, les VC déjà infitrés dans la ville avaient sorti leurs uniformes, s’étaient positionnés aux différents points d’accès pour lancer les attaques sur les installations clés de la ville.
Une force communiste ANV/VC de la taille d’une division déclencha la série d’attaques coordonnées sur Hué. Les objectifs étaient : la piste d’atterrisage de Tây Loc, le poste de commandement de la 1ère division de l’ARVN au sein de la citadelle, le palais impérial et le complexe de commandement du MACV situé dans la partie moderne de la ville au sud de la rivière.
A l’entrée ouest de la citadelle une équipe de 4 sapeurs sous couvert d’uniforme de l’ARVN se débarrassa des gardes pour forcer l’entrée de la citadelle et permettre aux forces du 6ème régiment de l’ANV d’entrer dans l’enceinte de la vieille ville.
Les bataillons 800 et 802 avancèrent vers le nord, sur la piste d’atterissage de Tây Loc, la compagnie de l’ARVN « Black Panther », renforcée par une autre compagnie de la 1ère division ARVN réussit à stopper le bataillon 800.
Le bataillon 802 de son côté frappa le quartier général de la 1ère division ARVN à Mang Ca. Même si le bataillon communiste réussit à entrer dans l’enceinte, une force de défense d’environ 200 hommes composée d’officiers et d’administratifs se forma rapidement pour limiter l’avancée ennemie, une grande partie de la compagnie Black Panther fut rappelée pour maintenir et sécuriser le quartier général.
A la nuit tombée, le 31 Janvier le 6ème Regiment de l’ANV tenait l’intégralité de la citadelle incluant le palais impérial à l’exception du quartier général de la 1ère division ARVN qui parvenait toujours à tenir malgré les attaques.
A 8h00 du matin le 1er février, les troupes de l’ANV à l’extérieur hissèrent le drapeau communiste en haut de la tour de la citadelle.
Le Bataillon 804 au sud de la rivière dans la nouvelle ville s’attaqua au complexe américain du MACV mais fut à chaque tentative repoussé, tandis que la bataille faisait rage autour du complexe, deux bataillons VC prient d’assaut les batiments administratifs du gouvernement de la province de Thua Thien, la station de police et d’autres batiments clés au sud de la rivière. Dans le même temps le 810ème Bataillon pris une position de blocage au sud de la ville afin d’éviter l’entrée des renforts alliés. A la tombée de la nuit du 31 janvier le 4ème Regiment de l’ANV controllait également le sud de la ville à l’exception du complexe du MACV.
L’absence de réaction alliée adéquate
Lorsque l’attaque de Hué fut lancée les forces alliées avaient déjà fort à faire dans le reste du sud-vietnam pour essayer de repousser l’offensive majeure coordonnée du Têt, et cela leur était difficile de libérer des renforts pour repousser les communistes dans la ville de Hué. De plus les troupes de l’ARVN et US de la zone avaient été déplacées pour venir en soutien des actions dans la zone de combat autour de Khe Sanh, reduisant ainsi le nombre de soldats disponibles dans toute la région nord du sud-vietnam. Celle situation hypothécait grandement les capacités alliés pour reprendre rapidement le contrôle de la ville de Hué des mains des communistes.
Les communistes conscients de la situation manoeuvrèrent rapidement pour prendre d’autres positions de blocage autour de la ville afin d’empècher aux renforts éventuels d’accéder. Le 806 ème bataillon bloqua la route 1 au nord-ouest tandis que les bataillons 804 et K4B se chargaient des positions dans la partie sud de la ville. Dans le même temps, le 810ème battalion s’installait en position le long de la route 1 au sud.
A la demande de la III MAF le commandement de la Task Force X-Ray, ordona à la compagnie A du 1/1 de faire route le long de la route 1 par camion pour renforcer les conseillers américains assiégés dans la ville. Le rapport d’attaque initial fait par l’ARVN indiquait que les quartiers généraux étaient assiégés mais ne mentionnait que peu d’information sur les effectifs ennemis présents dans la ville, en conséquence le commandement de la Task Force pensait q’un petit détachement d’une compagnie serait suffisant pour stabiliser la situation.
Les Marines de la compagnie A/1/1 arrivèrent part le nord de la ville renforcés par 4 chars M48 du 3rd Tank Battalion. Le convoi tomba rapidement sous les tirs de snipers ennemis et dut s’arrêter plusieurs fois pour sécuriser les batiments alentours. Lorsque le convoi traversa le pont au dessus du canal Phu Cam en direction de la partie sud de la ville, les Marines furent immédiatement pris sous un feu croisé intense d’armes automatiques et de roquettes de B-40 provenant de toute part.

Avancant lentement ils furent finalement totalement stoppés face à une résistance ennemie massive entre la rivière et le canal juste à côté du complexe du MACV qu’ils étaient venus secourir. Le commandement du 1/1 Marines, organisa à la hâte une force de réaction composée du groupe de commandement de la compagnie G du 2nd Battalion, 5th et d’une autre unité d’un nouveau bataillon juste arrivé à Phu Bai.
Ayant encore peu d’information sur l’ampleur de la résistance enemie qui bloquait la compagnie A, la force de renfort se mit en route emmenant avec elle deux batteries de canons mobiles de 40mm, elle ne rencontra qu’une faible résistance avant de la faire la jonction avec la compagnie A et avec l’aide des chars et des canons de 40mm réussit à se frayer un chemin jusqu’au MACV pour parvenir à déloguer les communistes. Le cout humain avait cependant été important pour les Marines avec 10 KIA et 30 WIA.
A ce stade le commandement du 1/1 reçut de nouveaux ordres lui demandant de traverser la rivière de Parfum pour libérer le quartier général de la 1ère division de l’ARVN. Le bataillon n’était toutefois que constitué de 2 compagnies dont une avait été assez fortement touchée par les précédents combats, de plus une partie de l’unité devait rester au sein du complexe du MACV pour y reconstituer sa défense. La compagnie A fut donc laissée sur place et la compagnie G renforcée par 3 des chars M48 et d’autres en provenance du 7ème escadron de cavalerie blindée de l’ARVN commença son avancée. Laissant les chars sur la rive sud afin d’assurer un soutien d’artillerie, la troupe d’infanterie commença à traverser le pont Nguyen Hoang en direction de la Citadelle. En traversant elle fut directement accueillit par des tirs de mitrailleuse provenant d’une position sur la partie nord du pont, réussisant à la neutraliser elle recommenca sa route de l’autre côté du pont longeant vers la gauche parallèlement à la rivière mais retomba immédiatement sous un feu intense ennemi en provenance des murs de la citadelle.
Sous un feu nourri de mortiers et roquettes les Marines se rendirent compte qu’ils étaient largement en sous effectif et finir part tenter de se replier. Cela s’avéra difficile et il fallut deux heures de combats pour que l’unité réussise à refranchir le pont dans l’autre sens. A 20h00 le 1st Battalion avait enfin établit une position défensive près du complexe du MACV. Le commandement allié commençait à réaliser l’ampleur de la situation à Hué.
La 1st Cav en action à l’exterieur de la ville afin de bloquer les renforts communistes
Le 1er février le commandement de la 1st Cav fut alerté afin de déployer la 3rd Brigade dans le secteur ouest de Hué. Le 2d Battalion, 12th Cavalry suivi du 1st Battalion, 7th Cavalry avaient comme objectif d’empécher les renforts communistes d’atteindre Hué à partir du nord et de l’ouest.
Le 2 février, le 2/12 Cav fut déposé sur une LZ à environ 10 km au nord-ouest de Hué sur la route 1. Le 4 février il s’était déplacé pour établir une position de blocage sur une colline surplombant une vallée à 6 km à l’ouest de la ville, cette position offrait une excellente visibilité sur les routes principales déservant Hué.
Durant la même période le 5/7 Cav, conduisit des opérations de recherche le long des routes ennemies à l’ouest de la ville. Le 7 Février, il engagea une force de l’ANV retranchée. Cependant l’enemi tenait bien sa position et la 1st Cav dut avancer sous un volume important de tirs et d’obus de mortiers. Le 9 février le 5/7 Cav reçut pour ordre de contenir la force ANV tandis que le 2/12 Cav viendrait attaquer par le nord. Durant son déplacement vers la zone, le 2/12 Cav rencontra lui aussi une forte concentration ennemie près du village de Thong Bon Ti, mais réussit à continuer sa route en direction du 5/7 Cav. Durant les 10 jours suivants les deux bataillons de la 1st Cav combattirent les communistes retranchés repoussant les assauts successifs. Même si la Cav ne parvenait pas à extraire l’ennemi, son action permettait au moins partiellement d’empécher que les forces communistes présentes servent de renfort dans la ville de Hué.
Pendant presque 3 semaines les unités de la 1st Cav essayèrent de retenir les troupes de renfort communistes du 24ème, 29ème et 99ème régiments ANV. Elles furent renforcées dans leur tache le 19 février par l’arrivée du 2nd Battalion, 501st Infantry, 101st Airborne Division sous le commandement de la 1st Cav. Le bataillon en renfort reçut l’ordre d’empécher l’accè à Hué par la portion sud de la ville. Le 1/7 Cav, fut déployée le même jour dans la zone au sud de la ville. Ces combats importants autour de la ville contribuèrent grandement à réduire la pression sur Hué. A l’intérieur de la ville l’action restait elle aux mains de l’ARVN et de l’USMC.
A la reconquète de la cité impériale
Tandis que les forces alliées se préparaient à faire mouvement dans la ville pour leur contre-attaque, le temps se dégradait encore, la température chuttant à 10°C et des nuages bas et lourds commençèrent à déverser un torrent de pluie froide.
Dans l’effort de reprise de la ville de Hué les forces de l’ARVN avaient la responsabilité de nettoyer la citadelle et le reste de la ville au nord de la rivière, tandis que la Task Force X-Ray devait elle s’occuper de la partie sud de la ville. Dans les faits, allaient en résulter deux batailles distinctes de chaque côté de Hué.
La reprise de la ville posait un problème encore jamais vu. L’ancienne capitale de Hué était sacrée pour le peuple vietamien principalement pour les boudhistes. La destruction de la ville risquait d’avoir des répercutions politiques que ni le gouvernement du sud-vietnam ni les USA ne pouvaient se permettre. En conséquence des limitations furent imposées quant à l’usage de l’artillerie et du soutien aérien afin de minimiser les dommages collatéraux. Au final un peu plus tard ces restrictions furent cependant levées lorsqu’il devint clair que ce soutien était indispensable pour déloger les communistes de la ville. Toutefois les règles initales d’engagement avec ces restrictions jouèrent un rôle prépondérant dans les difficultés rencontrées par les forces alliées durant les premiers jours de combats.
Le 1er février à 7h00 le 1/1 lança un nouvel assaut soutenu par les chars en direction de la prison et des batiments administratifs de la province. Mais la encore les Marines ne parvinrent pas à avancer de plus d’un paté de maisons avant de tomber sur des tirs de snipers. Un des chars fut détruit sous le tir d’un canon de 57 mm de l’ANV. Les Marines reculèrent à nouveau au complexe du MACV.
Au nord de la rivière de Parfum le 1er février, la 1ère division de l’ARVN engrenga elle quelques points même si les 2ème et 3ème bataillons du 3ème régiment ARVN étaient toujours à l’extérieur des murs de la citadelle imcapable de pénétrer les défenses de l’ANV, les 2ème et 7ème bataillons assistés d’APC et de la compagnie Black Panther réussirent à reprendre la piste d’atterissage de Tay Loc.
Aux environs de 15h00 le 1er bataillon du 3ème régiment ARVN réussit à rejoindre le poste de commandement de la 1ère division ARVN dans le complexe de Mang Ca et plus tard la moitié du 4ème bataillon du 2ème régiment ARVN en provenance de Dong Ha réussit à être déposé par des helicos de l’USMC au sein de la citadelle malgré les mauvaises conditions météo.
Peu après 15h00 la compagnie du 2nd Battalion, 5th Marines réussit de son côté à être heliportée au sud de Hué afin de renforcer un complexe de communications du MACV menacé par une force VC. Il s’agissait du centre principal de communications pour la zone de Hué, la DMZ et Khe Sanh. La compagnie passa une partie de l’après midi à essayer d’atteindre le site à environ 3km au sud-est du complexe du MACV. Elle n’y parvint jamais, écopant de 3 KIA et 13 WIA.
Le lendemain, 2 février, le 1/1 parvint enfin à libérer la station de communication du MACV aux petites heures du jour et après 3 heures de combats intenses entrèrent dans le campus universitaire.
Durant la nuit les sapeurs communistes avaient fait exploser le pont de chemin de fer au dessous de la rivière de Parfum mais avaient laissé intact le pont au dessus du canal Phu Cam. A 11h00 la compagnie H/2/5 traversa le pont formant un convoi accompagné de camions équipés de mitrailleures calibre .50 et deux ONTOS tractant des véhicules armés de canons sans recul de 106mm. Lorsque le convoi arriva à hauteur du complexe du MACV il tomba sous un feu nourri de l’ennemi constitué de mitrailleuses lourdes et de roquettes, les Marines consolidèrent leur position mais subirent les tirs ennemis toute la journée, le bilan le soir était de 2 KIA et 34 WIA chez les Marines.
Dans l’après midi du 2 février, le 1st Marines Regiment déplaça son poste de commandement au sein du complexe du MACV. Les forces disponibles étaient de 3 compagnies du 2/5 Marines et un bataillon dépareillé composé de la compagnie A/ 1/1 et une section de la compagnie B/1/1.