L’organisation du Vietcong

Les forces militaires VC variaient entre les guérilleros des villages et hameaux qui étaient fermiers le jour et combattants la nuit et les soldats professionnels engagés sur le terrain à plein temps. L'organisation de l'ennemi au sud reposait essentiellement sur 3 grandes catégories de forces : les VC locaux et provinciaux, la force principale VC et l'ANV.

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Les unités de la FORCE PRINCIPALE VC étaient organisées en bataillons et régiments, mais pouvaient aussi se regrouper sous forme de divisions pour des opérations à travers tout le sud-vietnam. Elles étaient mieux équipées et entrainées que les unités locales et provinciales et étaient parfaitement capable de mener des opérations efficaces et ce à grande échelle. Cependant il leur était toujours possible d'également se diviser en petites escouades ou sections pour opérer de la même manière que le VC local. La force principale contenait les unités les plus offensives, les mieux entrainées et les plus mobiles et dès 1965 ses armes avaient été modernisées grâce aux approvisionnements en provenance des pays communistes lui permettant de s'attaquer à des unités alliées de grande taille.

 

Les FORCES de guérilla LOCALES VC opéraient comme soldats à mi-temps mélangés au sein de la population civile le jour et devenant des combattants la nuit. Elles opéraient en petites unités (escouade, section ou compagnie). Le VC provincial (la plus part du temps organisé en bataillons) était constitué de forces recrutées dans les villages locaux et opérait normalement dans la province dont les unités étaient originaires. Les forces locales étaient attachées à un village, à un district ou à un quartier général provincial. Elles formaient souvent la première protection derrière laquelle le cadre du parti communiste local établissait sa politique d'infrastructure (VCI) et organisait les nouveaux éléments de guérilla aux niveaux des villages et hameaux. Les forces locales VC servaient de force de réaction pour la force principale VC et lui fournissait également de la main d'œuvre pour remplacer ou renforcer les pertes de soldats. Ne disposant que d'une capacité offensive limitée les forces locales attaquaient la plupart du temps des avants postes peu défendus et isolés ou des forces de types paramilitaires faibles souvent la nuit et sous forme d'embuscades.

La guérilla, des combattants à mi-temps organisés en escouades ou sections, avait militairement plusieurs rôles : récupérer des renseignements, transférer les informations aux autorités du district et de la province, réaliser du prosélytisme, de la propagande, du recrutement et assurer la sécurité des cadres locaux du parti. Elle effectuait également de la reconnaissance sur le terrain, servait de guide ou de porteur, créait des diversions, évacuait les blessés et récupérait les armes. L'omniprésence de la guérilla dans un hameau ou un village permettait de d’empêcher  la population d’aider le gouvernement du sud.

Les forces d'auto-défense constituaient un vivier pour le recrutement et pour du soutien logistique et politique mais n'étaient pas des forces de combat en tant que tel comparables avec la guérilla. Bien que les forces locales d'auto-défense du VC dans les hameaux aient causé quelques dommages et pertes chez l'ennemi elles ne représentaient pas une partie de la force militaire à part entière.

Les membres communistes vivants dans les villages et hameaux étaient organisés en unités : "la jeunesse d’assaut", les forces d'auto-défense et les forces sécrètes d'auto-défenses. Les unités d'auto-défense prenaient en charge différentes activités de sécurisation des zones sous le contrôle communiste, les unités sécrètes d'auto-défense impliquait en plus de ces activités le fait que certains de leurs membres vivant dans des zones sous contrôle gouvernemental. De ce fait leur participation à l'insurrection communiste devait être tenue secrète.

L'infrastructure Vietcong ou VCI se constituait de cadres politiques sans fonction militaire directe. La VCI, soutenue par les forces militaires VC, avait pour but de maintenir le contrôle sur la population, en effet le VC substituait presque systématiquement sa propre organisation à celle initialement présente dans le village. Il installait son propre chef de village et établissait une infrastructure complète, l'ensemble de ce nouveau personnel et cette organisation assurait du recrutement, des politiques d’endoctrinement, de la propagande et des opérations psychologiques ou encore la collecte de renseignements et évidemment un soutien logistique.

La VCI était la cible de l'USMC, qui tentait de s'en débarrasser au sein des villages et hameaux sous sa responsabilité. Identifier la VCI était une composante critique du nouveau focus en terme de pacification, l'ACP (Accelerated Pacification Campaign) incluait le  programme Phuong Hoang ou Phoenix. Le but de Phoenix était de neutraliser la VCI en utilisant des anciens VC et des indigènes au sein d'unités de reconnaissance pour affaiblir le gouvernement fantôme ennemi et cette disposition s'avéra très efficace. Le but de Phoenix était d’attaquer l’infrastructure ennemie par des coups ciblés et précis, contre les principaux dirigeants politiques, des éléments de commandement et de contrôle et les militants de la VCI.
L'approche du projet Phoenix privilégiait la capture des membres opérationnels du parti car ces derniers constituaient la première source d'information pour identifier et localiser des futures cibles. La capture d'un coursier ou même d'un fonctionnaire de base du village conduisait souvent à pouvoir déclencher une opération sur une partie de l'infrastructure ennemie.
En définitive à l'aube des années 70 la VCI et ses forces de guérilla avaient largement été détruites ne laissant peu d'autres options aux communistes du nord que de poursuivre une stratégie militaire conventionnelle.
Lors de l'offensive de Paques au printemps 1972 puis en 1975, il n'y avait plus aucun signe de VCI ni même de forces militaires VC principalement car le projet Phoenix et les activités des alliés américains leur avaient porté un sérieux coup d’arrêt.

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