La situation se dégrada encore plus l'après-midi, les tirs ennemis, y compris à l'arme lourde, entourèrent la compagnie qui ne pouvait pas évacuer ses blessés et dont la réserve de munitions diminuait rapidement. A 16h55 le bataillon ordonna un repli immédiat de la compagnie I vers l'ouest. La compagnie M dut se frayer un chemin pour rejoindre le flanc est de la compagnie I et la réapprovisionner en munitions puis les deux compagnies se désengagèrent avec l'aide du soutien aérien, naval et de l'artillerie et commencèrent l'évacuation médicale vers 20h00.
Le 31 janvier, tandis que l'artillerie pilonnait encore Hai Mon la compagnie M repris son balayage du hameau de Tan Tu tandis que la compagnie I s'occupait de la zone à l'ouest de Hai Mon.
Au sud la compagnie K dans la zone de Nui Dau dut faire face à plusieurs accrochages de faible intensité avec l'ennemi. Le contact le plus important eut lieu à 22h00 quand le PC du bataillon se retrouva sous le feu de armes légères et de quelques tirs de mortiers, juste après une vingtaine de VC tentèrent de pénétrer dans le périmètre, avec la compagnie L en renfort l'attaque fut repoussée mais au prix de 14 WIA dont 8 nécessitant une évacuation médicale vers l'arrière.
Durant les premiers jours de février le bataillon opéra des missions de recherche et destruction répétées dans cette nouvelle TAOR. Le 3 février les compagnies L et M du 5th marines opérèrent un balayage pendant deux jours des villages au sud-est de Nui Dang. Même si peu de résistance fut rencontrée ces hameaux étaient bien fortifiés et 100 tonnes de riz furent saisis.
Après avoir fouillé cette zone l'attention des marines se dirigea à nouveau vers Hai Mon et la colline 26 à l'est de celui-ci. La reconnaissance aérienne et l'expérience sanglante de la compagnie I le 30 janvier indiquait que la majorité des fortifications du village s'orientait vers l'ouest, le commandement US décida donc d'attaquer par l'est. Le matin du 5 février les compagnies L et M furent déposées sur la zone sous les tirs de barrage conjoints de l'artillerie, la Navy et l'Air Force.
Après l'atterrissage, lorsque les troupes opéraient leur déplacement vers le village elles furent accueillies par des tirs de mitrailleuses légères et de canons sans recul et durent à nouveau demander un soutien. A ce moment-là les marines découvrirent un ensemble de sampans avec une trentaine de VC fuyant vers le nord à travers la rivière Tra Cau. Les marines ouvrirent le feu détruisant plusieurs embarcations.
Après avoir sécurisé la colline 26 et Hai Mon les marines fouillèrent les environs et découvrirent un vaste complexe de bunkers et de caves. Ceux de la colline 26 étaient particulièrement étendus. Les positions défensives ennemies analysées révélèrent que les communistes s'étaient effectivement préparés pour une attaque venant de l'ouest et l'assaut réel par l'est les avait pris par surprise. La prise de contrôle du village offrait aux américains la maitrise de la rive sud du bras de la rivière Song Tra Cau.
Desoto continua en février par des balayages réguliers et des patrouilles en profondeur sur la zone. La zone à couvrir s'étendant de jour en jour en l'absence de présence ennemie, commençant à saper le moral du côté américain. Les snipers étaient une menace constante et la source principale des pertes américaines. Les marines pouvaient compter sur des équipes de snipers US positionnées à des points stratégiques afin d'essayer de détecter les snipers ennemis et de les supprimer, ce qui n'était pas chose aisée vue la capacité et l'expérience de l'ennemi à se construire des caches particulièrement efficaces.
Tout au long du mois le bataillon exploita les rapports de renseignement sur les positions VC en faisant appel à des frappes ciblées navales aériennes ou d'artillerie, en fonction des cas. Les renseignements confirmèrent que ces tirs avaient été très efficaces contre les sanctuaires communistes.