En renfort, avec l'accord de la I FFV, la 1st Brigade (sauf un bataillon) fut déployée dans les hauts plateaux. Le commandant de la 1st brigade disposait de 3 bataillons, le commandant de la 2nd brigade lui disposait de 2 bataillons et un sixième, le 3/8, restait en réserve à la base de 3 TANGO. La 1st brigade serait sur le front entre la Se San et la Nam Sathay, tandis que la 2nd brigade serait sur le flanc ouest entre la Nam Sathay et la frontière Cambodgienne.
Les pertes américaines continuèrent toutefois à rester élevées. Le 21 février une compagnie qui était en train de reconnaitre un site suite à une frappe de B-52 fut prise en embuscade par un bataillon de l'ANV à l'est de la Nam Sathay. Les américains n'eurent pas d'autre choix que de s'enterrer profondément afin de supporter les tirs ennemis incessants toute la nuit durant. Baïonnettes aux canons les survivants de la compagnie attendaient l'ennemi mais rien ne vint, à l'aube les pertes américaines s'élevaient à 8 KIA et 61 WIA.
La 1st Brigade réagit à l'embuscade en héliportant un bataillon au nord-ouest et en déplaçant un autre par les terres direction sud. Mais à part 5 corps gisants sur les lieux de l'embuscade l'ennemi s'était évanoui. Même si le commandant en conclut que les importantes pertes infligées à l'ANV l’avaient poussé à se retirer au Cambodge il n'en demeurait pas moins que les américains n'arrivaient toujours pas à engager un ANV "fantôme" sur le terrain dans une bataille décisive.
Pendant ce temps la 2nd Brigade continuait à faire des opérations de recherche en déployant ses compagnies pour balayer la zone à l'ouest de la Nam Sathay. Proche de la frontière le danger d'embuscade était encore plus important et les américains effectuaient donc en conséquence leurs déplacements avec grande attention. Cette attention paya le 25 février, lorsqu'une compagnie détecta une force ennemie à l'arrêt. Réagissant rapidement l'infanterie et l'aviation furent mobilisées. Les nord-vietnamiens furent contraint d’attaquer puis de s’enfuir sans possibilité de récupérer leurs pertes, ils laissèrent 48 KIA et 3 WIA sur le champ de bataille, du côté américain un soldat périt durant l'action.
En complément des différentes opérations menées au niveau des compagnies, la 4th Division mit en place en moyenne 7 patouilles LURPS par jour durant toute la durée de l'opération Sam Houston. Ces unités spéciales, composée de 6 à 8 hommes, effectuaient des taches dangereuses : surveiller des mouvements le long des pistes, tendre des embuscades à des patrouilles, identifier des sites d'atterrissage potentiels, évaluer les dégâts réels suite à des frappes de B-52...
Le 27 février un hélicoptère inséra l'une de ces équipes LRRP en vue de confirmer les résultats d'une attaque de B-52 à l'est de la Nam Sathay à un endroit ou la rivière constituait la frontière entre le Sud-Vietnam et le Cambodge. Apparemment suite à une erreur d'orientation le pilote déposa l'équipe LURPS du côté ouest de la rivière soit en territoire cambodgien. Une heure plus tard l'équipe surprit 2 ennemis, en tuant 1 mais laissant échapper l'autre. Sa position étant compromise l'équipe LURPS demanda son extraction et ce n'est qu'à ce moment-là que le commandement US réalisa que son équipe au sol était du mauvais côté de la frontière. Peu de temps plus tard une forte concentration de soldats de l'ANV découvrit l'équipe LURPS mais tarda à réagir sur le coup de la surprise et l'incompréhension de tomber nez à nez sur des américains dans cette zone. Avant que le commandement ennemi ne retrouve ses esprits un hélicoptère avait évacué les LURPS. Ce n'était en fait ni la première ni la dernière fois que les forces américaines traversaient accidentellement la frontière du fait de la complexité de se repérer clairement sur le terrain.
L'interdiction en provenance du MACV était claire ,la 4th Division devait scrupuleusement éviter la frontière mais il fallait tout de même reconnaitre qu'après des jours passés à chasser l'ombre de l'ANV sans résultat, devant la 2nd brigade qui après une brève incartade au Cambodge avait établit le contact (avec ce qui s'avéra être le 32ème régiment ANV) il y avait de quoi laisser perplexe le commandement de la 4th Division. Le 32eme régiment ennemi n'était donc déjà plus à l'est de la Nam Sathay et avait peut-être l'intention de quitter totalement la zone de Plei Trap. Même si le 32ème partait il restait encore certainement le 88ème régiment de l'ANV enterré dans ses bunkers proche de la zone ou la Nam Sathay formait la frontière.
Le matin du 12 mars évoluant dans une jungle dense une compagnie de la 1st brigade du 2nd battalion, 35th Infantry fut prise sous le feu en provenance de bunkers. Les américains prirent d’assaut les fortifications mais lorsque le commandement réalisa à quoi il faisait face il ordonna le retrait. Envoyant des petites unités dans le complexe pour une reconnaissance il se rendit compte que l’ANV lui prenait ses hommes un par un. Constatant que les frappes aériennes et d'artillerie ne seraient pas suffisantes le commandement du 2nd battalion décida d'héliporter deux compagnies en renfort une au sud et une à l'est de la zone de combat. Mais les renforts eux-mêmes furent bientôt cloués au sol et au soir les trois compagnies étaient embourbés dans la bataille avec une visibilité limitée dans cette jungle dense. Plus tard cette même nuit des tirs de mortiers en provenance du Cambodge clouèrent au sol les troupes US. Appelant pour du soutien d'artillerie et des illuminations, les américains découvrirent lorsque le ciel s'illumina une masse de soldats ANV pataugeaient dans la Se San en direction du Cambodge. Les hélicoptères de combat présents sur la zone se lancèrent dans une course contre la montre pour en abattre le plus possible avant qu'ils n'atteignent la frontière. Le matin suivant 2 bataillons additionnels furent mobilisés pour essayer de pièger les soldats ANV restés au sud-Vietnam mais c'était trop tard, l'ennemi s'était envolé laissant derrière lui 51 KIA. Le commandement US estimait qu'environ 200 KIA complémentaires avaient été générés par les frappes de Huey et de l'artillerie. Les pertes américaines étaient, elles, de 41 KIA et 46 WIA.
Ailleurs dans le Plei Trap, les unités américaines se concentraient sur la construction de base d'appui feu, bases qui se retrouvaient à l'occasion sous les attaques éclaires de mortiers ennemis. La pire des attaques survint le 13 mars et dura 36 heures, avec plus de 800 obus de mortiers tirés et touchant plusieurs positions américaines. La base de commandement et d'approvisionnement de 3 TANGO fut la plus touchée subissant environ 300 tirs d'obus. La base était tellement densément remplie de munitions, équipements et soldats que pratiquement tous les coups tirés sur le périmètre pouvaient faire mouche. Dans leur ensemble ces attaques coutèrent 1 KIA, 87 WIA et 25 véhicules détruits ou fortement endommagés.